Le programme « Syslat Horizon 2020 » ou « SIA »

Système d’Information Archéologique

 

Responsable du programme : Réjane Roure (Dr  Mcf)

 


http://syslat.hypotheses.org/

 

Le programme SIA (Système d’Information Archéologique) a pour but de pérenniser et de développer le logiciel Syslat qui a fait l’objet d’un dépôt de brevet dans les années 2000 et a connu diverses évolutions, jusqu’à l’élaboration du logiciel Syslat-Terminal. Basé dès le départ sur l’association d’un outil très performant d’analyse et de plusieurs bases de données, Syslat Horizon 2020 permettra d’intégrer, à travers son évolution en SIA, les dernières avancées en matière de procédures d’enregistrement et d’exploitation des données de fouille, tout en poursuivant l’effort actuel de normalisation et de création de référentiels liés aux différents dictionnaires attenants au logiciel.

Les différentes évolutions du programme, depuis Syslat 3.1 jusqu’à Syslat-Terminal, ont permis de relever l’un des principaux défis posé par le développement de l’archéologie à partir des années 80 : celui de la gestion et de la normalisation de l’enregistrement des données de fouilles, dans toute leur diversité et leur complexité, grâce à l’usage des nouveaux outils informatiques. Au départ adaptation de la méthode Harris, Syslat et les dictionnaires qui lui ont été associés, en particulier le Dicocer pour les mobiliers céramiques, sont rapidement devenus à leur tour des outils de référence. Aujourd’hui ce programme doit être développé, jusqu’à devenir un véritable Système d’Information Archéologique (SIA), utilisable pour tout type de fouilles et de vestiges, quelle que soit la période (de la Préhistoire à nos jours pour faire face au développement de l’archéologie moderne et contemporaine) et l’espace géographique retenu. La diversité accrue des opérateurs en archéologie rend le besoin d’un enregistrement homogénéisé encore plus crucial, afin de combattre le risque d’éclatement et donc de perte, des informations recueillies sur les chantiers. Parallèlement, il faut améliorer encore les moyens permettant de réduire le temps de saisie des données et de faciliter l’interprétation (statistiques, synthèses, graphiques, diagrammes, mises en phase …) ; avec toujours pour objectif final de rendre aussi rapide que possible la publication des données de fouille.

Depuis 1984, plusieurs chercheurs de l’Unité (M. Py concepteur) ont développé un programme informatique d’enregistrement et d’exploitation des données de fouilles, baptisé SYSLAT, qui a fait l’objet d’un brevet déposé, avec plusieurs programmes connexes liés à celui-ci. Ce logiciel a été créé dans le cadre d’une ATP du Ministère de la Culture lancée en 1988, intitulée « Archives de fouilles » : parmi les 8 projets sélectionnés sur les 20 déposés. Syslat est à l’heure actuelle un des seuls logiciels qui soit encore pérennisé. Syslat-Terminal correspond à la dernière évolution du logiciel Syslat. Implanté au départ sur Hypercard™ puis sur Revolution™, et aujourd’hui sur LiveCode™. Ce logiciel est conçu désormais pour gérer des bases de données SQL (sous MySQL™) sur un serveur distant ("syslatserv") par Internet, ou sur un serveur local par Intranet, ou encore sur l'ordinateur même où il est implanté : c'est son aspect multi-serveur. Il permet de partager non seulement les fichiers mais aussi la documentation numérique entre un nombre illimité de collaborateurs, par simple indication d'un code et d'un mot de passe : c'est son aspect multi-utilisateur. Il fonctionne sur les ordinateurs les plus courants, Macintosh ou PC : c'est son aspect multi-plateforme. Toute information saisie sur Syslat-Serveur avec Syslat-Terminal™ est immédiatement consultable sur Internet, partout dans le monde, à l'aide de n'importe quel navigateur, sur le site i.syslat.net : c'est son aspect WEB ready. Il est livré actuellement avec un manuel en format PDF de 300 pages, en Français, ainsi qu'une aide en ligne en quatre langues (Français, Anglais, Italien et Espagnol) : c'est son aspect international. La version actuelle connaît une forte diffusion en dehors de l’Unité puisqu’elle est déjà utilisée par plusieurs dizaines d’intervenants de l’archéologie en France et à l’étranger.

Dans le cadre du projet Labex, le programme établi comprend plusieurs volets : le premier est celui de la traduction de l’interface Syslat en anglais, puis dans d’autres langues (Italien, Espagnol, Allemand). Le deuxième est la mise en place d’une interface Web devant assurer pérennité et facilité d’emploi. Le dernier est son extension à des domaines d’étude par la création de modules spécifiques, à l’image de ce qui a déjà été réalisé ces dernières années pour les prélèvements, la carpologie (étude des graines), la faune (dont l’intégration a nécessité la création de deux modules, comme pour la céramique, en raison de la complexité des données à traiter et des besoins spécifiques d’enregistrement et d’exploitation pour ce type de vestiges). Sont programmés à ce jour des modules spécifiques pour l’ichtyologie (étude des poissons), le mobilier lithique, la géo-archéologie et les restes humains - ce dernier corrélé à un ou plusieurs modules dédiés à l’archéologie funéraire qui nécessite des enregistrements particuliers - l’archéologie du bâti et la sculpture.

L’un des défis à relever consiste en l’articulation entre le SIA Syslat et les SIG afin de pouvoir véritablement territorialiser les données recueillies sur des chantiers de fouilles divers : il s’agit de créer des liens et des passerelles permettant de bâtir une véritable interaction entre ces deux types de logiciels complémentaires.

L’objectif est d’aboutir à un SIA (Système d’Information Archéologique) complet intégrant tous les outils nécessaires (réactualisés ou créés), et concernant tous les types de fouille – habitats, espaces ruraux, ensembles funéraires ; programmées ou préventives – et tous les types de mobiliers et de vestiges archéologiques.

Sont en outre associés plusieurs projets de Dictionnaires qui formeront un lien scientifique supplémentaire entre les différentes équipes : Dicobjets, Dicomonnaies, Dicocéramiques, qui seront réactualisés et enrichis dans les années à venir. L’objectif affiché est d’étendre le champ d’application des dictionnaires existants, tant sur le plan chronologique (en incluant la Préhistoire récente) que géographique (en débordant du cadre du Midi méditerranéen), afin de favoriser la diffusion de Syslat au-delà des limites actuelles.

Ce programme scientifique et technique sera accompagné de programmes de formations (initiales et professionnelles) à la maîtrise de ces nouveaux outils (initiation et perfectionnement), afin d’en utiliser toutes les potentialités et d’accélérer la normalisation des procédures d’enregistrement de présentation des données, base de tout développement scientifique opératoire. On envisage également la mise en place d’une assistance technique sous forme d’abonnement payant ou de facturation interne pour les équipes de recherche.


Résumé du programme

Le projet vise à développer un Système d’Information Archéologique (SIA) fondé sur le logiciel existant Syslat (Brevet CNRS). Il s’agit d’un outil de gestion et d’exploitation des données archéologiques, et notamment des données de fouille, ayant vocation à être adaptable à tout milieu et à toute période. Le projet s’appuie sur le développement d’une plateforme Web collaborative. Il est divisé en trois thèmes principaux : SIA à proprement parler, dictionnaires typologiques et corpus de mobiliers en ligne. Ces projets sont menés de front et suivent le même processus classique de développement logiciel.


Etat d’avancement du programme 

Mise en place, organisation, gouvernance, pilotage, dispositif de suivi etc

Plusieurs dictionnaires sont en chantier : « DICOCER » (Dictionnaire des céramiques anciennes), « DICOBJ » (Dictionnaire du petit mobilier), « DICOMON » (Dictionnaire des monnaies anciennes), « PEGASE » (référentiel ostéologique animal). Les dictionnaires et corpus sont dans une phase de développement avancée et d’incrémentation. La complexité du SIA demande de prendre plus de temps pour la modélisation de la base de données et des interactions homme-machine. Le travail se fait de conserve avec les services juridiques et de valorisation de l’UM3 et du CNRS afin de préparer l’exploitation de ces logiciels et des données issus de la recherche. L’avancement du travail sur les volets « dictionnaires » fait qu’à très court terme il sera possible de disposer d’une base de travail commune via une interface Web. Dans l’attente de cet outil collaboratif, le travail d’incrémentation réalisé en 2013-2014 a volontairement été limité à des objectifs ciblés, tant en terme géographique (Midi de la Gaule ou Méditerranée occidentale) que chronologique (Protohistoire), mettant à profit la disponibilité de chercheurs issus du vivier local, national ou international. En 2015 sera mis en chantier un nouveau dictionnaire : « DICOVERRE », relatif aux productions d’époque romaine. Mise en place d’un comité de pilotage composé de membres externes (3) et internes (2) aux équipes du Labex et appartenant à diverses institutions : Ministère de la Culture, Service archéologique territorial (Bordeaux), Université (Strasbourg) / CNRS (ASM), INRAP (ASM). En parallèle, un groupe de suivi interne a été mis en place, associant chercheurs, enseignants-chercheurs et ingénieurs constituant les référents pour les divers volets liés à l’évolution du SIA.

Résultats obtenus : recherche, formation, innovation

Les deux premiers objectifs fixés en préalables au développement des collaborations devant incrémenter les dictionnaires ont été atteints. Il s’agit de la formalisation de la structure des fiches « DICOCER » et « DICOBJ ». En parallèle, un travail d’incrémentation/révision de catégories de mobilier anciennement répertoriées dans « DICOCER » a été mené, travail centré sur des mobiliers d’époque protohistorique : adaptation de nouvelles typologies (céramiques à vernis noir de Rosas, amphores phéniciennes et puniques), création de nouvelles catégories (céramique phénicienne à vernis rouge/peinte/commune). Dans le même ordre d’idées, concernant « DICOBJ », adaptation et incrémentation d’une typologie du mobilier métallique pour le premier âge du Fer en France méditerranéenne.

Moyens humains : stratégie d'attractivité, modalités, procédures et origine des personnels recrutés (critères de recrutement)

18 mois de post-doc ont été consacrés :

- à la mise en place de la structure de « DICOBJ »

- et à l’adaptation de référentiels pour le premier âge du Fer en Gaule méditerranéenne : 1 x 12 mois (docteur de l’Université de Provence) ; 1 x 6 mois (Docteur de l’Université de Montpellier 3).

6 mois de post-doc ont été consacrés à l’élaboration de nouvelles typologies pour la céramique phénicienne (Docteur de l’Université de Rome).

Recrutement des post-docs se fait sur profil en fonction des compétences/publications et sujets de thèse. La publication se fait sur le site du Labex.

6 mois de contrat IE ont été consacrés à l’adaptation et la mise en forme pour « DICOCER » de typologies existantes (Recrutement M2 de l’Université de Montpellier 3, formée à la céramologie au sein d’ASM).

Actions entreprises pour la diffusion des connaissances (hors publications)

Ouverture d’un carnet de recherche sur la plateforme hypothèses.org : http://syslat.hypotheses.org


Perspectives 2014

Le travail mené en 2013 a été dépendant de la barrière technologique existante antérieure à la mise en place des interfaces Web « DICOCER » et « DICOBJ ». L’ampleur et l’impact du programme devrait être désormais exponentielle.


Résumé du programme

Le « Dictionnaire Permanent de l’Égyptien Ancien » (DPEA) a été conçu pour relever un défi : réaliser l’outil numérique destiné à remplacer le grand dictionnaire de l’Académie de Berlin, référence mondiale aujourd’hui obsolète car représentant un état de connaissance antérieur à la première guerre mondiale. Le recherche égyptologique reposant – entre autres – sur la traduction et le commentaire de très nombreux textes, une actualisation de cet outil est devenu incontournable. Plusieurs « verrous », qui empêchent cette discipline de progresser comme elle le devrait, doivent être aujourd’hui levés. Au vu de la masse documentaire à traiter, voire à retraiter, l’idée d’un nouveau dictionnaire papier est un non-sens. Le dictionnaire de demain sera nécessairement numérique. Cependant, celui-ci ne peut se réduire à une simple base de données difficilement modifiable. Le temps nécessaire au traitement de la documentation est tel que la discipline doit essayer de concevoir ce que sera un outil numérique dans les décennies à venir. Un tel programme passe obligatoirement par un partenariat industriel. L’idée d’un cahier des charges que l'entreprise industrielle devrait réaliser est à rejeter, l’égyptologie ne possédant aucune compétence dans le domaine du numérique. Ce partenariat devra nécessairement prendre la forme d’une co-conception dans le domaine du numérique appliqué aux SHS. Le programme se déploie donc simultanément dans deux directions, étroitement liées et complémentaires : le travail purement lexicographique d’une part, la réalisation de l’outil d’autre part.


Etat d’avancement du programme 

Mise en place, organisation, gouvernance, pilotage, dispositif de suivi etc

Au moment du lancement du projet, le DPEA se trouvait placé sous la responsabilité de Frédéric Servajean et de Dimitri Meeks. Ce dernier ayant quitté le programme, Frédéric Servajean en assure seul la responsabilité. Un comité scientifique a été constitué, composé de 3 membres internes et de 3 membres externes : Christophe Thiers (directeur de l’USR 3172, CFEETK, interne), Ivan Guermeur (CR1, Directeur de l’équipe ENiM de l’UMR 5140-ASM, interne), Frédéric Servajean (PR2, UMR 5140-ASM, interne), Christian Leitz (professeur à l’Université de Tübingen, externe) Harco Willems (professeur à l’Université catholique de Leuven, externe), Günter Vittmann (professeur à l’Université de Wurzbourg, externe). Le comité vérifie l’adéquation du travail fourni avec les objectifs fixés. Au quotidien, 7 vacataires (nécessairement post-docs) travaillent au programme DPEA (6 Labex et 1 Fondation Universitaire Hiérolexique). Ils réalisent le travail lexicographique. En outre, 3 ou 4 fois par année universitaire, le partenaire industriel (Intactile Design) organise des réunions de co-conception de l’outil numérique. Au cours de celles-ci se mettent en place, les uns après les autres, les modules constitutifs de l’outil. Il est à remarquer que l’outil qui se dessine est radicalement différent de l’idée de départ. Les résultats de ces réunions sont informatiquement « mis en forme ». Ils sont ensuite testés et validés par les membres du DPEA lors de réunions internes.
Les objectifs d’un programme tel que le DPEA ont été redéfinis, l’IPH (Inventaire Permanent des Hiéroglyphes), grand consommateur de temps, ayant été remis à plus tard.

La première étape, actuellement en cours et financée par le LABEX, est constituée de 3 objectifs.

- Objectif 1 : co-conception et réalisation de l’outil numérique (en cours) ; il s’agit de réaliser l’essentiel du travail informatique.

- Objectif 2 : réalisation d’un nombre suffisant de notices lexicographiques complètes permettant de tester l’outil numérique en profondeur (actuellement autour de 175 ; ce nombre est suffisant pour effectuer les tests nécessaires).

- Objectif 3 : établissement de la liste complète des mots (avec les mots nouveaux, les mots à supprimer et les mots à problème). Ce travail est en cours de réalisation. Deux ou trois ans supplémentaires sont encore nécessaires pour l’achever.


L’étape n° 2 (après l’achèvement de l’étape n° 1) est composée de 3 objectifs. Ce travail sera effectué en collaboration avec les programmes financés par l’Académie de Berlin. Le principe d’une réunion regroupant tous les acteurs de la discipline, à l’échelle internationale, vient d’être accepté par les futurs partenaires. Ces objectifs sont les suivants :

- Objectif 1 : finalisation définitive de l’outil numérique (derniers tests et mises au point à effectuer).

- Objectif 2 : notices lexicographiques complètes des mots nouveaux, justification lexicographique de la suppression des mots à supprimer, notices « complètes » des mots à problèmes.

- Objectif 3 : réalisation des notices lexicographiques complètes des mots qui ne posent pas de difficultés (affinement sémantique, nuances de sens, etc.).

Résultats obtenus : recherche, formation, innovation

Les notices lexicographiques rédigées sont, à l’heure actuelle, les réalisations les plus complètes dans le domaine de la sémantique de l’égyptien ancien. En outre, la liste complète des mots n’a curieusement jamais été réalisée, la masse de travail nécessaire pour ce faire étant considérable. Celle-ci constituera une avancée notable – le squelette, en quelque sorte, du futur dictionnaire.
Les membres du DPEA sont confrontés dans ce travail à des difficultés insoupçonnées, levées lors de séminaires réguliers réunissant tous les membres du programme. En effet, rédiger une notice lexicographique, voire une série de notices, n’est pas équivalent à la réalisation d’un dictionnaire, d’un dictionnaire numérique de surcroît. Ce n’est qu’une partie du travail. Le nombre de mots attestés ayant notablement augmenté depuis la réalisation du dictionnaire de Berlin, les membres du DPEA se trouvent aujourd’hui confrontés à des difficultés que les chercheurs ont mis de côté pendant plusieurs décennies (presqu’un siècle). Le DPEA s’attèle donc à lever ces verrous les uns après les autres.

Il est évident que le succès de l’entreprise constituera une innovation notable permettant de considérables économies de temps pour les chercheurs et des croisements d’informations que les ouvrages papier ne permettent d’effectuer que dans une moindre mesure. En outre, le DPEA sera un dictionnaire ouvert, c’est-à-dire modifiable en permanence en fonction des avancées de la recherche. Les chercheurs pourront soumettre à un collectif d’experts les résultats de leurs travaux, qui seront, si cela s’avère nécessaire, intégrés au DPEA (corrections de notices et autres modifications nécessaires...).

En outre, l’outil numérique, dans sa dimension informatique, déploie un certain nombre de fonctionnalités qui pourront être utilisées ensuite dans des programmes similaires.

Pour réaliser cet outil numérique, un partenariat a été instituée avec une équipe d’informaticiens et de designers informatiques de l’entreprise Intactile Design (ID).

Pour parvenir à déterminer les besoins des égyptologues et traduire ces besoins de manière à proposer une interface et un outil qui répondent à ces besoins, des réunions préliminaires ont été organisées entre les égyptologues du projet DPEA et ID.

Une première interface V0.1 a été produite par ID, à partir des résultats de cette réunion. L’interface a été évaluée ; évaluation qui s’est traduite par des ajouts, des suppressions, des corrections, etc. L’évaluation s’est effectuée à deux niveaux : en interne dans un premier temps puis lors des réunions de co-conception avec ID.

Une nouvelle réunion de co-conception a donné lieu à une deuxième interface (V0.2). Le processus d’évaluation a été le même. En fin de réunion (février 2014), de nouvelles réflexions communes ont été lancées pour déterminer les nouveaux modules informatiques à développer en priorité.

Moyens humains : stratégie d'attractivité, modalités, procédures et origine des personnels recrutés (critères de recrutement)

Le DPEA est, par définition, un programme international, situé au cœur d’une discipline. Il n’y a pas d’égyptologie sans textes et de traduction et commentaire possibles sans dictionnaire. Les postes des vacataires (post-docs obligatoirement) sont publiés sur le site du LABEX ARCHIMEDE et mis au concours.
Si les enseignants-chercheurs égyptologues de l’Université de Montpellier 3 ont pour principale spécialité la formations aux différents états de langues de l’égyptien ancien et l’UMR 5140-ASM la lexicographie, il est logique que plusieurs des vacataires soient issus de cette université et de cette équipe. En revanche, les trois derniers recrutés proviennent de différentes universités européennes : 1 vacataire hongroise, 2 italiens.
 
Partenariat avec les entreprises, Relations contractuelles
 
Les membres du DPEA travaillent de concert avec un partenaire industriel : Intactile Design (Intactile.com). Cette entreprise est spécialisée dans la conception d’interfaces utiles, intuitives, destinées à répondre à des problématiques technologiques où l’usager retrouve toute sa place. Il s’agit d’un partenariat de recherche et non d’un cahier des charges qui aurait été établi en amont par les membres du DPEA. La co-conception permet de faire surgir au cours des réunions de travail (1 journée complète pour chacune) des problématiques spécifiquement liées au numérique, auxquelles les égyptologues n’avaient pas pensé. De cette collaboration naîtra un outil parfaitement adapté à l’informatique des prochaine décennies et non une simple base de données, voire un simple site internet ne prenant en compte aucune des avancées les plus récentes du numérique.


Perspectives 2014

Le principe d’une réunion, en 2014, regroupant les membres du DPEA, de Berlin, de l’USR 3172 (CFEETK) et de toutes les équipes – françaises et étrangères – travaillant sur des programmes informatiques liés aux textes de l’Égypte ancienne a été arrêté. Il s’agira de définir exactement l’objectif de chacun dans une perspective de coopération internationale. Pour le DPEA, le but est d’établir un programme de coopération lui permettant de mener à bien l’étape n° 2 dont il a été question plus haut. Il est évident qu’ainsi défini, l’ampleur du travail à effectuer est telle qu’il sera nécessaire – encore une fois dans ce cadre international – de rechercher les financements permettant de l’effectuer.


Etat d’avancement du programme 

Mise en place, organisation, gouvernance, pilotage, dispositif de suivi etc

Depuis le 1er janvier 2013, le programme d’ « Index global des inscriptions des temples de Karnak », a été lancé. Ce nouveau projet, d’une durée de sept années, a pour ambition d’organiser et de rendre accessible la documentation textuelle issue des temples de Karnak.

Résultats obtenus : recherche, formation, innovation

Ce travail est fondé sur un dépouillement exhaustif des documents et inscriptions de Karnak collationnées sur l’original. Toutes les informations relatives à un document sont accessibles à partir d’une notice unique (comportant un numéro KIU « Karnak Identifiant Unique »). Celle-ci comporte l’édition typographique de l’inscription ainsi que sa translittération, l’ensemble des photographies, fac-similés et tout autre document d’archives associé. Cet outil en ligne autorise des recherches directes dans le contenu des notices et dans les inscriptions hiéroglyphiques par le biais de la translittération. Il fournit divers indices permettant des recherches multicritères (noms des divinités, épithètes divines, toponymes, ethniques et lieux de cultes, éléments de titulatures, anthroponymes, éléments prosopographiques et vocabulaire des inscriptions). Un programme de campagne photographique fondé sur ce dépouillement a été mis en place par le service photographique de l’USR 3172 du CNRS pour fournir la documentation photographique nécessaire au projet. Une version 0.1 qui ne comporte qu’un nombre limité de documents et une partie des fonctionnalités de l’outil définitif a été ouverte en juin 2013. Un second ensemble de documents a été ajouté à ce premier groupe en septembre 2013 doublant le nombre d’inscriptions accessibles. Les ajouts de documents se poursuivront régulièrement en suivant l’avancement de la rédaction des notices KIU. Le nombre de documents accessible devrait ainsi pouvoir être doublé avant la fin de l’année 2013. Parallèlement à l’augmentation du contenu, une deuxième version (0.2), qui constituera un nouveau jalon du projet Karnak, sera mise en ligne en 2014 autorisant l’accès aux différents index du projet en cours d’élaboration.

Actions entreprises pour la diffusion des connaissances
 
Projet Karnak » :Le 9 juin 2013, une première version du projet Karnak a été ouverte au public (http://www.cfeetk.cnrs.fr/karnak/). En près de quatre mois, le site du projet Karnak a reçu un peu plus de 270 000 visiteurs provenant de 70 pays.


Perspectives 2014

Projet « Karnak » : Une collaboration en cours de finalisation avec l’École Pratique des Haute Études permettra d’enrichir les notices du projet Karnak en associant à la richesse des archives du CFEETK, l’ensemble de la documentation du Fonds Pierre Lacau conservé au Centre Wladimir Golenischeff.
Dans le cadre du programme CNRS - Oxford Collaboration Scheme application, le projet « Giving Context to Texts: Space and Writing in Ancient Egypt and Nubia » conjointement porté par le Griffith Institute (Faculty of Oriental Studies) et l
USR 3172 a reçu un accueil favorable des deux tutelles et assuré le support financier pour lorganisation dune table ronde qui s’est tenue les 6 et 7 janvier 2014 à Oxford. Elle a permis de discuter des possibilités de collaboration entre le projet Karnak, la base « cachette de Karnak » (Institut Français dArchéologie Orientale) et le projet Topographical Bibliography (Porter & Moss) en ligne de luniversité dOxford, dont la version papier constitue à ce jour une des références les plus utilisées de légyptologie".

Le programme VÉgA (Vocabulaire de l'Égyptien Ancien)

Réalisation de la plateforme numérique à finalité collaborative regroupant l’ensemble des mots de l’égyptien pharaonique

 
Responsable du programme : Frédéric Servajean (PR, Université Paul Valéry - Montpellier 3)


Site Internet du projet VÉgA

 


Le programme a pour ambition de réaliser l’outil numérique destiné à remplacer le grand dictionnaire allemand de l’Académie de Berlin publié de 1925 à 1931, encore largement utilisé aujourd’hui, faute de mieux, mais devenu obsolète.

Quatre objectifs ont été fixés : (1) achever le traitement du périmètre lexicographique et réaliser la nouvelle police hiéroglyphique, (2) construction de la plateforme collaborative internationale, (3) mise à disposition du logiciel et interconnection avec les autres plateformes, (4) systématiser le processus de démocratisation en cours de la plateforme. Tous ces objectifs, auxquels il faut ajouter le lancement du travail collaboratif sur les fiches lexicographiques complètes, exigent 7 années supplémentaires de travail, avec une équipe de 5 collaborateurs scientifiques.

  1. Le programme VÉgA a pour objectif à court terme d’achever le traitement de l’ensemble du périmètre lexicographique de l’égyptien ancien, aujourd’hui estimé à un peu moins de 16/17 000 entrées. Les graphies hiéroglyphiques des mots actuellement affichés par la plateforme numérique, réalisées avec la police libre de droits JSesh, seront remplacés par une police élaborée par la startup ARCANAE, issue du LABEX ARCHIMEDE. Cette police hiéroglyphique, réalisée en collaboration avec l’ANRT (Atelier National de la Recherche Typographique), est une police intelligente, innovante dans sa conception et sa dimension numérique, qui permet de travailler sur les multiples combinaisons de hiéroglyphes composant un mot ou un texte. La plateforme sera complétée par une série de modules numériques prévus mais non encore réalisés : module archivage, module recherche amélioré, etc.

  2. Le VÉgA a pour vocation à devenir une plateforme collaborative internationale SHS. Au terme de ces 7 années, le périmètre lexicographique traité, un module collaboratif conçu sur le modèle de Dialoguea [dialoguea.fr] et développé en co-conception, sera ajouté à la plateforme. L’élaboration des notices lexicographiques complètes pourra être systématisée sur la base d’un travail collaboratif. Pour ce faire, l’ensemble de la communauté des chercheurs s’appropriera la plateforme dédiée VÉgA, conçue comme le lieu où se déploie la recherche vivante. Il s’agit bien d’un défi qui pose d’incalculables problèmes. Le numérique au service des Sciences humaines et sociales se caractérise par la possibilité d’une actualisation permanente et ouverte à tous les chercheurs du travail scientifique. Il devient aujourd’hui nécessaire d’imaginer de nouvelles manières de travailler, de nouvelles modalités de production scientifique, strictement validées, permettant à un chercheur, ou un groupe de chercheurs, de modifier le travail d’un autre chercheur. Quel sera alors le statut (juridique) de ces « auteurs » ? Sur quoi portera leur propriété intellectuelle : une notice, une partie de notice ? Ces difficultés dépassent le simple débat scientifique. Elles dépassent également la conception et la réalisation de l’outil numérique. Le VÉgA est confronté à des problèmes juridiques pour lesquels les textes de loi n’existent pas encore. Il s’agit pour les chercheurs et les spécialistes du numérique de poursuivre leur collaboration, en travaillant ensemble (co-conception) à la création de modules collaboratifs innovants qui permettront de concilier recherche individuelle et recherche collective.

  3. Le VÉgA a été conçu pour recevoir d’autres bases de données ou se connecter avec d’autres plateformes numériques. Le VÉgA va ainsi être mis à disposition du laboratoire Orient et Méditerranée (UMR 8167) pour recevoir la base des Titres administratifs du Moyen Empire. Il est également connecté avec la plateforme du programme Karnak (également porté par le LABEX ARCHIMEDE). À terme, l’interconnection réfléchie des plateformes existantes permettra des gains de temps considérables et un accès aisé à une documentation aujourd’hui dispersée et uniquement destinée aux professionnels.

  4. Dans un souci de démocratisation, le VÉgA a été conçu comme un outil accessible et utilisable par tous, chercheurs, étudiants ou amateurs. La philosophie qui sous-tend le développement de la plateforme reste la même : les résultats de la recherche qu’elle abrite seront accessibles et utilisables librement dans leur intégralité. C’est pourquoi le VÉgA a été doté d’une interface conviviale, consultable sur tous les objets connectés, ordinateurs, ipads, smartphones, qui met à disposition de tous, en temps réel, la recherche vivante.