Axe 1 :

IDENTITES : Contacts de cultures et formes d’acculturation en Méditerranée

Coordonnatrice de l’axe : Rosa PLANA-MALLART (PR, Université Paul Valéry-Montpellier 3)

 

Présentation de l’axe

Ce programme scientifique s’inscrit dans un cadre d’étude essentiellement méditerranéen et dans le temps long de la Préhistoire à l’Antiquité tardive, soit le monde ancien. Il s’organise autour de trois thématiques de recherche : contacts de cultures, identités, acculturation. L’archéologie et l’histoire, ainsi que l’anthropologie culturelle, apportent des éléments de réflexion indispensables au développement de ces thèmes majeurs des sciences humaines et sociales, contribuant à l’élargissement des questionnements scientifiques, à la mise en œuvre de nouvelles approches d’étude et au renouvellement de la recherche.

Détail du projet scientifique de l’axe Identités

La Méditerranée, bordée de régions à composantes sociales et culturelles hétérogènes, se présente comme un espace ouvert qui a favorisé les échanges et les contacts de cultures. Les rapports noués entre ces divers peuples, entre individus et/ou groupes humains, ont accéléré la diffusion de produits et d’influences, les interactions culturelles et les processus d’évolution sociale, politique et économique qui affectent à des degrés divers l’ensemble des sociétés méditerranéennes, depuis le Néolithique et jusqu’à l’Antiquité tardive. Si les contacts de cultures se déclinent tout d’abord dans la sphère économique, et notamment commerciale, ils se manifestent progressivement dans le domaine culturel et on assiste à une diffusion rapide de modèles culturels et d’organisation sociale et spatiale. Certains de ces modèles, ainsi le système de la ville et de la cité, ont servi pendant l’Antiquité à évaluer le niveau de « barbarie » des peuples méditerranéens. Il s’agira donc d’analyser la nature précise des contacts entre peuples méditerranéens et les conséquences culturelles, autant en ce qui concerne le transfert d’influences que les modalités de réception, soit les lectures et les adaptations locales. Les formes de l’acculturation sont complexes et variées, pouvant aboutir à des phénomènes de mixité et à l’apparition de systèmes hybrides d’un point de vue culturel.

Les interactions culturelles, renforcées par l’ampleur de la mobilité en Méditerranée et par la proximité géographique des sociétés en contact, débouchent sur des phénomènes d’acculturation, de coopération ou de résistance. Ce processus favorise également les constructions identitaires et l’apparition de marqueurs d’identité. Fr. Barth et J.-L. Amselle formulent l’hypothèse que l’ethnicité ou l’identité ethnique serait l’organisation sociale de la différence culturelle, le résultat d’un processus d’identification activé par la volonté de se différencier de l’Autre. Ces constructions identitaires mettent en œuvre des signes culturels socialement différenciateurs, dont l’étude permet d’approfondir la connaissance des sociétés en contact, l’affirmation des entités ethniques et la nature des rapports établis entre communautés méditerranéennes. Ce processus de construction ethnique a favorisé également l’émergence et la diffusion de stéréotypes identitaires et culturels.

L’histoire et l’anthropologie culturelle ont exercé une grande influence sur les approches archéologiques de la culture matérielle et des notions de culture, de peuple et d’ethnie. Si l’histoire du XXe siècle a fortement conditionné ces débats, au point d’en faire des « sujets sensibles », ces thématiques ont connu un regain d’intérêt ces dernières décennies. L’avancée de la recherche sur les sociétés des mondes grecs et romains et, notamment, sur les sociétés préhistoriques et protohistoriques du pourtour méditerranéen explique le développement des études axées sur les interactions culturelles et, plus largement, sur la question des identités et des entités culturelles et ethniques. La recherche récente se focalise, à juste titre, sur la question des identités dans un contexte de contacts de cultures.

Les questions liées aux constructions culturelles et ethniques s’avèrent donc d’une grande importance pour approfondir la connaissance des sociétés anciennes, d’autant plus que de nombreux domaines de recherche convergent vers la définition de problématiques communes. Dans ce débat, l’archéologie, grâce à l’accent qu’elle met sur les cultures matérielles, ainsi que l’histoire, avec la multiplication des approches et des lectures des données textuelles, ont un rôle de renouvellement essentiel à jouer. La confrontation des disciplines mobilisées, à travers des approches et des méthodologies de travail différentiées, permet d’envisager sous des angles nouveaux les questions de la culture matérielle, de l’identité culturelle et de l’acculturation. Cette synergie disciplinaire est à la base du fonctionnement de ce programme scientifique, qui est par vocation ouvert à des collaborations entre les différentes équipes du Labex Archimede, mais ouvert également à des collaborations avec des équipes extérieures, dans un cadre national et international.